Entreprise · Création

création micro-entreprise gratuit

La démarche officielle est gratuite : voici où la faire vraiment, et comment éviter les sites qui la facturent.

Jeune entrepreneur à son bureau avec un ordinateur portable et des documents, souriant en conversation au téléphone
Réponse rapide

Créer une micro-entreprise est entièrement gratuit lorsqu’on passe par le guichet unique de l’INPI, seul site officiel depuis 2023. La démarche est 100 % en ligne, sans capital ni frais de dossier. « Gratuit » vaut pour la création : l’activité, elle, génère ensuite des cotisations sociales calculées sur le chiffre d’affaires encaissé.

  • Un seul site officiel : le guichet unique de l’INPI.
  • Zéro frais d’immatriculation et aucun capital de départ.
  • Méfiance envers les sites payants qui facturent une démarche gratuite.
  • Des cotisations dues ensuite, en pourcentage du chiffre d’affaires.

Tapez « créer ma micro-entreprise » dans un moteur de recherche, et les premiers résultats seront souvent des sites privés qui vous réclament 50, 100, parfois 300 euros pour « s’occuper de tout ». La réalité tient en une phrase : créer une micro-entreprise ne coûte rien quand on passe par le bon site. La démarche est gratuite, entièrement en ligne, et un seul service officiel la gère. Voici où la faire vraiment, comment éviter de la payer, et ce que « gratuit » recouvre exactement une fois l’activité lancée.

« Gratuit »

ce que ça veut dire, et ce que ça ne veut pas dire

Commençons par lever l’ambiguïté du mot. La création d’une micro-entreprise est gratuite : aucun frais de dossier, aucun capital de départ à déposer, aucun honoraire obligatoire. Vous remplissez un formulaire en ligne, vous le signez électroniquement, et c’est tout. Une seule exception courante : l’agent commercial, qui doit s’immatriculer au registre spécial des agents commerciaux (RSAC) pour environ 23 euros en 2026. Pour la grande majorité des activités, le compteur reste à zéro.

En revanche, « gratuit » ne signifie pas « sans aucune charge ensuite ». La création est ponctuelle et sans frais ; l’activité, elle, génère des cotisations sociales dès que vous encaissez du chiffre d’affaires. La nuance est importante : beaucoup confondent le coût de la démarche, qui est nul, et le coût de l’activité, qui dépend de ce que vous gagnez. Nous y revenons plus bas. Retenez pour l’instant qu’aucun euro n’est à sortir pour exister administrativement.

Le seul site officiel

le guichet unique de l’INPI

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création d’entreprise passent par un seul portail : le guichet unique, géré par l’INPI et accessible sur procedures.inpi.fr (on y arrive aussi via formalites.entreprise.gouv.fr). Les anciens centres de formalités des entreprises ont disparu. Que vous créiez une micro-entreprise, une société ou une entreprise individuelle classique, le point d’entrée est le même.

Ce guichet est gratuit, et il n’existe pas d’autre site officiel pour créer son entreprise. C’est le repère à garder en tête. Le site autoentrepreneur.urssaf.fr, lui aussi officiel, informe sur le statut et servira ensuite à déclarer votre chiffre d’affaires, mais la formalité de création se fait à l’INPI.

Attention aux sites payants

Autour de cette démarche gratuite s’est développé un écosystème de plateformes privées. Elles affichent des intitulés rassurants — « créez votre auto-entreprise en 5 minutes », « démarche simplifiée » — et facturent un service que l’État rend gratuitement. Ce ne sont pas toujours des escroqueries : certaines réalisent réellement la formalité à votre place. Mais vous payez pour quelque chose qui ne coûte rien si vous le faites vous-même, et la procédure officielle reste à la portée d’un particulier.

Le réflexe utile : regarder l’adresse du site avant de saisir quoi que ce soit. Un site officiel se termine par .gouv.fr ou porte le nom inpi.fr. Dès qu’on vous demande une carte bancaire pour « valider votre dossier de création », vous n’êtes plus sur le guichet unique.

À vérifier

Aucun site officiel ne demande de paiement pour créer une micro-entreprise. Si l’on vous réclame des frais de dossier, vous n’êtes pas sur le guichet unique de l’INPI : vérifiez que l’adresse se termine bien par inpi.fr ou .gouv.fr.

Micro-entreprise, auto-entrepreneur

de quoi parle-t-on ?

Un point de vocabulaire évite bien des confusions. La micro-entreprise n’est pas une forme juridique en soi : c’est un régime simplifié de l’entreprise individuelle. Autrement dit, vous créez une entreprise individuelle, et vous bénéficiez d’un régime allégé sur les plans social, fiscal et comptable. Quant au mot « auto-entrepreneur », c’est l’ancien nom, toujours employé dans le langage courant : auto-entrepreneur et micro-entrepreneur désignent exactement la même chose.

Ce régime séduit par sa simplicité. La comptabilité se résume, dans le cas le plus simple, à tenir un livre des recettes. Les cotisations sociales se calculent en pourcentage du chiffre d’affaires, sans avance ni régularisation compliquée. Tant que vous restez sous les seuils de franchise, vous ne facturez pas de TVA. Et le recours à un expert-comptable n’a rien d’obligatoire. C’est ce qui en fait la porte d’entrée préférée de ceux qui veulent tester une activité sans lourdeur.

Avant de se lancer

conditions et pièces à réunir

Quelques conditions encadrent l’accès au statut. Il faut être majeur — ou mineur émancipé —, résider en France ou être ressortissant d’un pays autorisé à exercer, et choisir une activité éligible au régime micro. La plupart des activités commerciales, artisanales et libérales le sont.

Côté pièces, rien d’insurmontable : une pièce d’identité en cours de validité, votre numéro de Sécurité sociale, un justificatif de domicile récent, et une déclaration de non-condamnation. Selon votre métier, un justificatif de qualification peut s’ajouter, en particulier pour les activités artisanales réglementées.

Il reste à cadrer la nature de votre activité, car elle détermine plusieurs choses : le code attribué, le régime social de rattachement — régime général ou CIPAV pour certaines professions libérales — et, plus tard, le taux de cotisations qui s’appliquera. Mieux vaut éviter de remplir cette partie à la hâte : une activité mal qualifiée se corrige, mais cela fait perdre du temps.

  1. Préparer ses justificatifs

    Pièce d’identité, numéro de Sécurité sociale, justificatif de domicile et déclaration de non-condamnation. Avoir tout sous la main permet de boucler la formalité en une seule session.

  2. Créer un compte sur le guichet unique

    Rendez-vous sur procedures.inpi.fr, le seul site officiel. La création de compte est gratuite et préalable à toute formalité.

  3. Remplir la formalité de création

    Identité, adresse, activité exercée, option fiscale (versement libératoire ou imposition classique). C’est l’étape qui définit votre régime social et votre code d’activité.

  4. Demander l’ACRE si vous y êtes éligible

    Cette aide allège vos cotisations la première année. La demande se fait au moment de la création ou juste après, sous conditions.

  5. Valider et signer électroniquement

    Vous signez le dossier en ligne. Aucun paiement ne vous est demandé, hors le cas particulier de l’agent commercial.

  6. Recevoir son numéro SIRET

    Comptez une à quatre semaines. Une fois le SIRET reçu, créez votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr pour gérer vos déclarations.

Après l’immatriculation

SIRET, URSSAF et premières obligations

Le numéro SIRET arrive généralement sous une à quatre semaines. C’est lui qui identifie votre entreprise et vous permet d’émettre des factures en règle. Tant qu’il n’est pas attribué, vous êtes inscrit mais pas encore pleinement opérationnel.

Une fois le SIRET reçu, créez votre compte sur autoentrepreneur.urssaf.fr. C’est là que tout se joue ensuite : vous y déclarez votre chiffre d’affaires, mensuellement ou trimestriellement selon le rythme que vous avez choisi. Point important, cette déclaration est due même quand vous n’avez rien encaissé : on parle de déclaration néant, et l’oublier expose à des pénalités. Enfin, si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 euros deux années de suite, vous devrez dédier un compte bancaire à votre activité — une bonne habitude à prendre dès le début, de toute façon, pour ne pas mêler finances personnelles et professionnelles.

Combien ça coûte vraiment, une fois lancé

C’est ici que se trouve le vrai budget. Les cotisations sociales se calculent sur le chiffre d’affaires encaissé, et sont prélevées à chaque déclaration. La logique est simple : pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations. Le taux varie selon le type d’activité — vente, prestations de services, profession libérale —, et il évolue d’une année à l’autre. Pour le taux exact applicable à votre cas en 2026, la référence à consulter est l’URSSAF, qui publie les barèmes à jour.

Plusieurs leviers viennent moduler ce coût. L’ACRE, quand vous y avez droit, réduit vos cotisations de moitié sur la première période d’activité. La cotisation foncière des entreprises (CFE) est due chaque année, mais vous en êtes exonéré l’année de création, et un chiffre d’affaires très faible peut ouvrir droit à une exonération. Quant à l’impôt, votre bénéfice s’ajoute à vos autres revenus, sauf si vous avez opté pour le versement libératoire, qui prélève l’impôt en même temps que les cotisations.

Bon à savoir

Les taux de cotisations et les seuils évoluent chaque année. Pour les montants exacts applicables à votre situation, les sources qui font foi sont l’URSSAF et impots.gouv.fr — pas les forums ni les sites commerciaux.

Les plafonds à ne pas dépasser en 2026

Le régime micro n’est ouvert que sous des plafonds de chiffre d’affaires, révisés par périodes de trois ans. Pour la période 2026-2028, ils ont été relevés. À ne pas confondre avec le seuil de la franchise en base de TVA, qui obéit à une logique différente : le plafond du régime décide si vous restez micro-entrepreneur, le seuil de franchise décide si vous devez facturer la TVA. On peut très bien rester micro tout en devenant redevable de la TVA.

Vente / hébergement

203 100 €

Plafond annuel de chiffre d’affaires hors taxes pour la vente de marchandises et la fourniture de logement, sur la période 2026-2028.

Services / libéral

83 600 €

Plafond annuel hors taxes pour les prestations de services et les activités libérales relevant des BNC. En activité mixte, la part « services » reste plafonnée à part.

Franchise de TVA

85 000 / 37 500 €

Seuils de franchise : tant que vous restez sous 85 000 € (vente) ou 37 500 € (services), vous ne facturez pas la TVA. Ils sont distincts des plafonds du régime.

Que se passe-t-il si l’on dépasse un plafond du régime ? Un dépassement sur une seule année est toléré, vous conservez le régime. Mais deux années consécutives au-dessus, et vous basculez automatiquement vers le régime réel de l’entreprise individuelle. C’est plutôt une bonne nouvelle, au fond : cela signifie que l’activité a grandi.

Les erreurs à éviter

Quelques pièges reviennent souvent. Payer un site privé pour une démarche gratuite, d’abord — l’erreur la plus fréquente et la plus simple à éviter. Confondre ensuite micro-entreprise et société : ici, pas de capital à réunir, pas de statuts à rédiger, la formalité est sans commune mesure. Oublier de déclarer son chiffre d’affaires, même à zéro, expose à des pénalités. Mêler comptes personnel et professionnel complique inutilement le suivi. Et, enfin, croire que « gratuit » signifie « sans aucune charge » : la création ne coûte rien, l’activité, si.

Créer une micro-entreprise est-il vraiment 100 % gratuit ?

Oui, la formalité de création est gratuite sur le guichet unique de l’INPI : aucun frais de dossier, aucun capital. La seule exception courante concerne l’agent commercial, qui doit s’immatriculer au RSAC pour environ 23 euros. Si un autre site vous réclame un paiement pour créer votre micro-entreprise, c’est qu’il vous fait payer un service que vous pouvez réaliser gratuitement vous-même.

Quel est le seul site officiel pour créer sa micro-entreprise ?

Le guichet unique de l’INPI, sur procedures.inpi.fr, accessible également via formalites.entreprise.gouv.fr. C’est le passage obligé depuis 2023. Le site autoentrepreneur.urssaf.fr est lui aussi officiel, mais il sert à s’informer puis à déclarer son chiffre d’affaires, pas à créer l’entreprise.

Faut-il un capital de départ pour une micro-entreprise ?

Non. Aucun capital social n’est exigé, contrairement à une société. Vous pouvez démarrer sans mise de fonds, ce qui explique en partie l’attrait du régime pour tester une activité.

Combien de temps faut-il pour recevoir son numéro SIRET ?

Comptez en général une à quatre semaines après avoir validé la formalité sur le guichet unique. Tant que le SIRET n’est pas attribué, vous ne pouvez pas encore facturer en bonne et due forme.

Micro-entreprise et auto-entrepreneur, est-ce la même chose ?

Oui. « Auto-entrepreneur » est l’ancien nom, encore largement utilisé, du micro-entrepreneur. Il s’agit du même régime simplifié de l’entreprise individuelle ; seul le vocabulaire a changé.

Créer sa micro-entreprise ne coûte rien dès lors qu’on passe par le guichet unique de l’INPI. Le vrai budget à anticiper n’est pas celui de la création, mais celui des cotisations assises sur le chiffre d’affaires — et c’est seulement quand vous encaissez que la question se pose.