Barème de l’impôt sur le revenu
Comprendre les tranches en vigueur, calculer son impôt et ne plus confondre taux marginal et taux moyen.
Le barème de l’impôt sur le revenu est une grille progressive à cinq tranches, appliquée au revenu net imposable divisé par le nombre de parts du foyer. Chaque tranche n’est taxée qu’à son propre taux : passer dans la tranche supérieure ne fait jamais taxer la totalité du revenu à ce taux.
- Cinq taux : 0, 11, 30, 41 et 45 %, stables depuis plusieurs années.
- Des seuils mobiles : relevés chaque année par la loi de finances pour suivre l’inflation.
- Par part : le revenu est divisé par le nombre de parts avant l’application du barème.
- Taux marginal ≠ taux payé : le taux moyen réel est toujours bien inférieur à la tranche atteinte.
Le barème de l’impôt sur le revenu, c’est la grille qui transforme un revenu en montant d’impôt. Tout le monde le consulte, peu de gens savent vraiment s’en servir. La plupart des contenus se contentent d’afficher le tableau des tranches sans expliquer ce qu’il faut en faire. C’est dommage, parce que l’essentiel se joue dans la mécanique : ce barème est progressif, il s’applique par tranches, et il ne fonctionne pas du tout comme beaucoup l’imaginent.
Qu’est-ce que le barème de l’impôt sur le revenu ?
Le barème est une grille fixée chaque année par la loi de finances. Il découpe le revenu en plusieurs tranches, et à chaque tranche correspond un taux. Plus le revenu monte, plus la part qui dépasse certains seuils est taxée à un taux élevé. C’est le principe de l’impôt progressif : on ne paie pas le même taux sur le premier euro gagné que sur le dernier.
Un point est capital pour la suite. Le barème ne s’applique pas au revenu brut, ni même au salaire. Il s’applique au revenu net imposable, c’est-à-dire après abattements et déductions, puis ramené à une part de quotient familial. Cette nuance change tout dans le calcul, et c’est souvent là que la lecture du barème dérape.
Le barème en vigueur et ses tranches
Le barème applicable aux revenus de 2025, utilisé pour l’imposition en 2026, a été fixé par la loi de finances pour 2026. Ses seuils ont été revalorisés d’environ 0,9 % par rapport à l’année précédente, pour suivre l’inflation. Voici les cinq tranches en vigueur, pour une part de quotient familial.
| Fraction du revenu net imposable (par part) | Taux d’imposition |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 600 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 579 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 577 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Ces taux — 0, 11, 30, 41 et 45 % — sont stables depuis plusieurs années. Ce sont les seuils qui bougent : ils sont relevés chaque année, justement pour éviter qu’une hausse de salaire alignée sur l’inflation ne fasse mécaniquement payer plus d’impôt. Avant toute décision fiscale, mieux vaut donc vérifier le barème de l’année concernée, car les montants ci-dessus évoluent à chaque loi de finances.
Comment l’impôt se calcule à partir du barème
Le calcul ne consiste pas à prendre son revenu et à le multiplier par le taux de sa tranche. La réalité est plus douce, et elle passe par le quotient familial. Tout se joue en trois temps.
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Diviser le revenu par le nombre de parts
On divise le revenu net imposable par le nombre de parts du foyer. Une personne seule compte une part, un couple marié ou pacsé deux parts, et chaque enfant ajoute généralement une demi-part, la troisième donnant une part entière.
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Appliquer le barème à ce quotient
On applique le barème au résultat obtenu par part. Chaque tranche est calculée séparément, puis additionnée. Seule la fraction du revenu comprise dans une tranche est taxée à son taux.
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Multiplier par le nombre de parts
On multiplie l’impôt obtenu par le nombre de parts. Le résultat est l’impôt brut du foyer, avant d’éventuelles corrections comme la décote ou les réductions d’impôt.
C’est ce passage par le quotient familial qui explique qu’à revenu égal, une famille paie moins qu’un célibataire : le revenu divisé par davantage de parts atteint une tranche plus basse.
Taux marginal et taux moyen
la confusion à éviter
C’est l’erreur la plus répandue, et elle inquiète inutilement beaucoup de contribuables. Passer dans la tranche supérieure ne fait jamais taxer la totalité du revenu au taux de cette tranche. Seule la fraction du revenu qui dépasse le seuil est concernée.
Prenons un revenu par part qui dépasse de peu le seuil d’entrée dans la tranche à 30 %. Les premiers euros restent à 0 %, la part suivante à 11 %, et seuls les quelques euros au-delà du seuil sont taxés à 30 %. Gagner un peu plus ne fait donc jamais perdre d’argent net. C’est ce que recouvre le taux marginal d’imposition, souvent abrégé TMI : le taux qui s’applique à la dernière tranche atteinte, pas à l’ensemble du revenu.
Le taux marginal (TMI)
C’est le taux de votre dernière tranche de revenu. Il ne frappe que les euros situés dans cette tranche, jamais la totalité du revenu. Il sert surtout à anticiper l’impôt sur un revenu supplémentaire.
Le taux moyen
Il rapporte l’impôt réellement payé au revenu total. Toujours nettement plus bas que le taux marginal, il reflète la charge fiscale réelle. Avec une TMI de 30 %, le taux moyen tourne souvent autour de 10 à 20 %.
Un exemple de calcul complet
Prenons un célibataire, soit une part, avec un revenu net imposable de 35 000 €, sur la base du barème ci-dessus. Le calcul suit les tranches une à une.
La première tranche, jusqu’à 11 600 €, n’est pas imposée. La part comprise entre 11 600 € et 29 579 €, soit 17 979 €, est taxée à 11 %, ce qui donne environ 1 978 €. Enfin, la part qui dépasse 29 579 €, soit 5 421 €, entre dans la tranche à 30 % et représente environ 1 626 €. En additionnant ces morceaux, on obtient un impôt brut d’environ 3 604 €.
Le résultat parle de lui-même : pour une TMI de 30 %, le taux moyen réel s’établit autour de 10 %, et non de 30 %. La tranche affichée n’est jamais le taux payé. Pour un montant exact tenant compte des parts, de la décote et des réductions, le simulateur officiel des impôts reste l’outil de référence.
Décote, revalorisation et limites du barème
Le barème seul ne dit pas tout. Pour les revenus modestes, un mécanisme appelé décote vient réduire, voire annuler, l’impôt calculé. Elle s’applique automatiquement quand l’impôt brut reste sous un certain plafond et lisse l’entrée dans l’imposition, pour éviter les effets de seuil brutaux.
À l’autre bout, le barème s’inscrit dans un ensemble plus large : prélèvement à la source, réductions et crédits d’impôt, plafonnement de l’avantage lié aux parts pour les hauts revenus. Le barème de l’impôt sur le revenu donne l’ossature, mais le montant final dépend de ces ajustements.
Les seuils des tranches sont revalorisés à chaque loi de finances. Pour le barème officiel d’une année donnée et un calcul exact adapté à votre foyer, la seule source fiable reste le service public des impôts, qui met à disposition un simulateur tenant compte des parts, de la décote et des réductions.
Quelles sont les tranches du barème de l’impôt sur le revenu ?
Le barème compte cinq tranches, taxées à 0, 11, 30, 41 et 45 %. Les taux sont stables depuis plusieurs années, mais les seuils qui les délimitent sont revalorisés chaque année par la loi de finances. Pour les montants exacts d’une année donnée, il faut consulter le barème officiel publié par l’administration fiscale.
Comment calcule-t-on l’impôt avec le barème ?
On divise d’abord le revenu net imposable par le nombre de parts du foyer, on applique le barème tranche par tranche à ce quotient, puis on multiplie le résultat par le nombre de parts. L’impôt obtenu est ensuite corrigé, le cas échéant, par la décote et les réductions d’impôt.
Passer dans la tranche supérieure fait-il payer plus d’impôt sur tout le revenu ?
Non. Seule la fraction du revenu qui dépasse le seuil de la nouvelle tranche est taxée au taux supérieur. Le reste du revenu reste imposé aux taux des tranches inférieures. Gagner un peu plus ne fait donc jamais baisser le revenu net après impôt.
Quelle différence entre taux marginal et taux moyen d’imposition ?
Le taux marginal (TMI) est le taux de la dernière tranche atteinte ; il ne s’applique qu’à la part de revenu située dans cette tranche. Le taux moyen rapporte l’impôt réellement payé au revenu total et reste toujours bien inférieur au taux marginal.
Comment le nombre de parts modifie-t-il l’impôt ?
Le revenu est divisé par le nombre de parts avant l’application du barème, ce qui abaisse la tranche atteinte par part. À revenu égal, un foyer avec enfants paie donc moins qu’une personne seule. L’avantage lié aux parts est toutefois plafonné pour les revenus élevés.
Le barème progressif a une logique simple une fois qu’on l’a vue fonctionner : des tranches, des taux qui ne mordent que sur ce qui les dépasse, un revenu divisé par les parts du foyer. Les seuils changent chaque année, le mécanisme, non. Retenir cette mécanique, c’est déjà cesser de surestimer son impôt — et savoir où regarder pour le chiffre exact.