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Lettre de motivation

la formule de politesse qui fait bonne impression

La dernière phrase que lit le recruteur est celle qui reste. Comment la réussir, avec des exemples à reprendre tels quels.

Personne en pull orange écrivant une lettre manuscrite au stylo, feuille tenue à la main
Réponse rapide

La formule de politesse clôt votre lettre de motivation et laisse la dernière impression. Une bonne formule reprend la civilité de l’en-tête, exprime la considération et reste cohérente avec le ton du texte. On l’adapte au support : complète dans un courrier formel, plus brève dans un e-mail. Les deux pièges symétriques à éviter sont la familiarité et l’emphase.

  • Référence sûre : « Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées. »
  • Cohérence : la formule reprend exactement la civilité de l’en-tête.
  • E-mail : « Bien cordialement » suivi du nom complet suffit.
  • Erreur fatale : la faute ou le mauvais nom oublié dans un copier-coller.

C’est la dernière phrase que le recruteur va lire. Celle qui reste, comme la dernière réplique d’une scène. On a soigné l’accroche, argumenté le parcours, ajusté chaque paragraphe — et puis, au moment de conclure, on bâcle. Une formule trop familière qui détonne, une tournure ampoulée qui sonne faux, ou pire, une faute glissée dans les derniers mots. La formule de politesse n’est pas un ornement qu’on ajoute par habitude : c’est la sortie de scène. Voyons comment la réussir, avec des exemples qu’on peut reprendre tels quels.

À quoi sert vraiment la formule de politesse

Commençons par tordre le cou à une idée reçue : non, la formule de politesse n’est pas une survivance poussiéreuse qu’on garde par tradition. Elle fait un vrai travail.

D’abord, elle clôt la lettre proprement. Un texte qui s’arrête net, sans transition, laisse une impression d’inachevé. La formule referme la porte sans la claquer.

Ensuite, elle exprime une considération. En reprenant une civilité et en formulant le respect, on signale qu’on s’adresse à une personne, pas à une boîte aux lettres. C’est aussi, le plus souvent, le moment où l’on glisse l’attente d’une suite — un entretien, un échange.

Enfin, elle compte parce que le recruteur, lui, en lit beaucoup. Quand on parcourt des dizaines de candidatures, une fin nette et juste se remarque. Une fin maladroite aussi, malheureusement. Autant que ce dernier regard joue en votre faveur.

Anatomie d’une bonne formule

Une formule de politesse réussie n’a rien de mystérieux. Elle tient en trois ingrédients qu’on assemble dans le bon ordre.

Ingrédient 1

Reprendre la civilité

On reprend dans la formule l’appel exact utilisé en en-tête. Ouvert par « Madame » ? On ferme par « Madame ». « Madame, Monsieur » en tête, « Madame, Monsieur » en bas. Un en-tête et une formule qui se contredisent trahissent un copier-coller mal relu.

Ingrédient 2

Exprimer la considération

C’est le cœur de la formule : « je vous prie d’agréer… », « veuillez recevoir… », « je vous prie de croire… », suivi de l’objet du respect (« mes salutations distinguées », « mes sentiments respectueux »).

Ingrédient 3

Rester cohérent de ton

Une candidature sobre appelle une formule sobre ; une lettre plus chaleureuse peut se permettre un registre direct. L’essentiel est de ne pas changer de voix à la dernière ligne.

Des formules qui marchent, selon le contexte

Il n’y a pas une formule unique, mais une formule par situation. Le tableau ci-dessous donne des tournures correctes et réutilisables, et signale ce qu’il vaut mieux laisser de côté.

ContexteFormule recommandéeÀ éviter
Courrier formel« Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées. »« Cordialement » seul, trop léger ici
E-mail de candidature« Bien cordialement, » suivi de votre nom complet« Bisous », « À bientôt », familiarité déplacée
Candidature spontanée« Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées. »Formule trop sèche, sans ouverture
Relance polie« Restant à votre disposition, je vous prie de recevoir mes salutations respectueuses. »Ton insistant ou impatient
Secteur décontracté / start-up« Bien à vous, » ou « Cordialement, »Tournure très protocolaire, qui dénote

Un repère pour mémoire : plus le support et le secteur sont formels, plus la formule est complète ; plus le canal est direct (e-mail, secteur jeune), plus elle peut être brève. Dans le doute, on opte pour la version la plus respectueuse : on ne s’est jamais vu reprocher d’avoir été trop poli.

Les erreurs qui plombent la fin

Quelques faux pas suffisent à gâcher une bonne lettre dans ses derniers mots. Les voici, dans l’ordre où on les rencontre le plus souvent.

  1. Mélanger les civilités

    Ouvrir par « Madame » et fermer par « Madame, Monsieur », ou l’inverse. C’est le signe d’un texte recopié sans relecture.

  2. Tomber dans la familiarité

    « Cordialement » jeté seul peut convenir à un e-mail rapide, mais détonne au bas d’un courrier formel. « À plus », « bonne journée » n’ont pas leur place dans une candidature.

  3. Forcer l’emphase

    Empiler les « profonds sentiments » et les « expressions les plus distinguées » sonne faux. Une formule juste vaut mieux qu’une formule pompeuse.

  4. Laisser une faute dans la dernière phrase

    « Agréer » mal accordé, une civilité au mauvais genre : la faute en fin de lettre est celle qu’on retient. On relit la formule comme on relit l’accroche.

  5. Oublier de personnaliser le copier-coller

    Le mauvais nom d’entreprise, le mauvais intitulé de poste dans la dernière ligne : l’erreur classique de la candidature envoyée en série. Elle se voit, et elle coûte cher.

La parade tient en un mot : relecture. La dernière phrase mérite la même attention que la première, justement parce qu’on a tendance à la survoler.

E-mail ou courrier

ce qui change

Le support change la donne, et il faut en tenir compte. Dans un e-mail de candidature, on accepte des formules plus brèves ; dans un courrier formel, on garde la version complète.

Adapter au support

En e-mail, « Cordialement », « Bien cordialement » ou « Bien à vous » suivis du nom complet font parfaitement l’affaire. En courrier formel, on conserve la formule complète, avec reprise de la civilité et expression de considération. Et l’on n’oublie pas l’objet clair de l’e-mail ni la signature : la formule ne vit pas seule.

L’essentiel pour bien finir sa lettre

Retenons le principal. La formule de politesse reprend la civilité de l’en-tête, exprime la considération, et reste cohérente avec le ton du reste. On l’adapte au support : complète et protocolaire dans un courrier, plus brève dans un e-mail. On évite les deux pièges symétriques, la familiarité et l’emphase, et on traque la faute ou le mauvais nom oublié dans un copier-coller. Et surtout, on relit cette dernière phrase avec le même soin que la première : c’est elle qui referme l’image qu’on laisse.

Quelle formule de politesse pour une lettre de motivation ?

Pour un courrier formel, la formule de référence reste « Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées. » On reprend la civilité exacte de l’en-tête, et l’on peut y ajouter une ouverture comme « Dans l’attente de votre réponse ». Pour un e-mail, une formule plus brève comme « Bien cordialement » suivie du nom complet convient.

Peut-on écrire seulement « Cordialement » dans une candidature ?

Dans un e-mail de candidature, oui : « Cordialement » ou « Bien cordialement » est tout à fait accepté. Dans un courrier formel rédigé comme une vraie lettre, c’est en revanche un peu léger : on lui préfère une formule complète avec reprise de la civilité et expression de considération. Tout dépend donc du support et du degré de formalité attendu.

Faut-il reprendre « Madame, Monsieur » dans la formule de politesse ?

Oui, c’est la règle de cohérence. La civilité utilisée dans la formule doit reprendre exactement celle de l’en-tête. Si vous avez ouvert par « Madame, Monsieur » faute de connaître le destinataire, la formule reprendra « Madame, Monsieur ». Un en-tête et une formule qui se contredisent signalent un texte mal relu.

Quelle formule de politesse dans un e-mail de candidature ?

Une formule courte et professionnelle : « Cordialement », « Bien cordialement » ou « Bien à vous », suivie de votre nom complet. On évite les tournures familières (« à plus », « bonne journée ») comme les formules à rallonge du courrier formel. L’objet clair et une signature complète comptent autant que la formule elle-même.

La formule de politesse est-elle si importante pour un recruteur ?

Elle ne fait pas la candidature, mais elle pèse sur l’impression finale. Un recruteur qui lit beaucoup de lettres remarque une fin nette et juste, comme il remarque une fin familière, ampoulée ou fautive. Bien finir ne suffit pas à être retenu, mais mal finir peut suffire à desservir une bonne lettre. Autant ne pas se priver de ce dernier point en sa faveur.

Une lettre, ça se quitte aussi bien que ça se commence : la dernière phrase est celle qu’on relit le moins et qu’on remarque le plus.